
J’ai accompagné un couple de Brossard l’an dernier — Martin et Sophie — pour leur projet d’agrandissement. Leur premier entrepreneur semblait parfait : disponible, prix compétitif, bon contact. Sauf qu’après la signature du contrat, on a découvert que sa licence RBQ n’était plus valide. Six semaines de retard, tout à recommencer. Ce genre de situation, je la vois trop souvent dans la grande région de Montréal.
Avec 22,3 milliards de dollars investis en rénovation au Québec en 2024 selon l’Institut de la statistique, le marché attire autant de professionnels sérieux que d’opportunistes. Savoir les distinguer avant de signer, c’est ce qui fait la différence entre un projet réussi et un cauchemar.
L’essentiel pour choisir votre entrepreneur en 30 secondes
- Vérifiez la licence RBQ en ligne avant même d’appeler
- Demandez 3 soumissions détaillées et comparables
- Rencontrez l’entrepreneur sur place, jamais seulement par téléphone
- Exigez un contrat écrit avec description précise des travaux
- Limitez l’acompte à 10-15 % du montant total
Les 4 vérifications à faire AVANT de contacter un entrepreneur
Soyons honnêtes : la plupart des propriétaires commencent par demander des soumissions, puis vérifient la licence après coup. C’est exactement l’inverse de ce qu’il faut faire. Pourquoi perdre du temps avec quelqu’un qui n’a pas le droit d’exercer ?
Selon la Régie du bâtiment du Québec, la Loi sur le bâtiment exige que tout entrepreneur offrant ses services pour exécuter des travaux de construction possède une licence RBQ en règle. Le numéro doit d’ailleurs apparaître sur ses publicités, cartes professionnelles et véhicules.
Votre check-up licence et assurances en 4 étapes
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Notez le numéro de licence affiché (site web, camion, carte)
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Vérifiez ce numéro sur le registre en ligne de la RBQ (gratuit, 2 minutes)
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Confirmez que les catégories de licence couvrent vos travaux
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Demandez une preuve d’assurance responsabilité civile valide

Dans les projets que j’ai pu observer sur la Rive-Sud et dans la région de Vaudreuil-Dorion, les propriétaires qui acceptent une soumission peu détaillée se retrouvent souvent avec des extras non prévus. Comptez des dépassements de 15 à 25 % du budget initial dans ces cas-là. Ce constat est limité à ma zone d’intervention, mais le pattern se répète.
3 signaux qui doivent vous faire renoncer immédiatement
- L’entrepreneur refuse de montrer sa licence ou son numéro n’apparaît nulle part
- Il demande un acompte supérieur à 30 % avant même de commencer
- Il refuse de signer un contrat écrit détaillé
Entrepreneur général, spécialisé ou gestionnaire : lequel pour votre projet ?
C’est la question que tout le monde se pose, et franchement, la réponse dépend vraiment de votre projet. Un ami plombier peut suffire pour changer un robinet. Pour refaire votre cuisine au complet avec électricité, plomberie et armoires ? C’est une autre histoire.
Pour approfondir les critères de choix pour votre entreprise de rénovation, pensez d’abord à l’ampleur réelle de vos travaux.
L’entrepreneur spécialisé : pour les projets ciblés
Plombier, électricien, couvreur — ces professionnels maîtrisent leur domaine à fond. Si votre projet touche un seul corps de métier (refaire la toiture, changer le système de chauffage), c’est souvent le bon choix. Le hic ? Si vous avez besoin de plusieurs spécialistes, vous devrez coordonner tout ça vous-même. Et croyez-moi, gérer trois entrepreneurs qui ne se parlent pas, c’est épuisant.
L’entrepreneur général : votre chef d’orchestre
C’est le profil classique pour une rénovation de cuisine ou de salle de bain. Il coordonne les sous-traitants, gère le calendrier, commande les matériaux. Vous avez un seul interlocuteur. D’après CAA-Québec, c’est la formule à privilégier dès que le projet implique plusieurs corps de métier.
Le gestionnaire de projet : quand ça devient complexe
Pour un agrandissement majeur ou une rénovation complète de maison, certains propriétaires engagent un gestionnaire indépendant. Il supervise tout sans exécuter lui-même les travaux. C’est plus cher, mais pour des projets dépassant 100 000 $, ça peut valoir l’investissement. J’ai vu des propriétaires de Longueuil économiser du temps (et du stress) avec cette approche.
Quel type d’entrepreneur pour votre projet ?
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Projet ciblé (un seul métier) :
Privilégiez un entrepreneur spécialisé — plombier, électricien, couvreur selon le besoin.
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Rénovation multi-corps de métier (cuisine, salle de bain) :
Optez pour un entrepreneur général qui coordonnera tous les intervenants.
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Projet majeur (agrandissement, rénovation complète > 100 000 $) :
Considérez un gestionnaire de projet indépendant pour superviser l’ensemble.
Les 5 questions à poser lors de la première rencontre

Je me souviens de Nathalie, une propriétaire de Châteauguay que j’ai conseillée l’an dernier pour sa rénovation de salle de bain. Elle avait contacté trois entrepreneurs : un seul s’est présenté à l’heure pour la visite. Les deux autres ? Un n’a jamais rappelé, l’autre a annulé deux fois. Au final, elle a trouvé un bon entrepreneur, mais avec trois semaines de retard sur son calendrier initial. La ponctualité au premier rendez-vous, c’est déjà un indicateur fiable.
Voici les questions que je recommande de poser — et les réponses à attendre. Chez des entrepreneurs sérieux comme groupe-eclat.com dans la région de Montréal, ces informations sont généralement données d’emblée.
- « Qui sera présent sur le chantier au quotidien ? » — Vous voulez savoir si c’est lui-même, un contremaître attitré, ou une rotation d’employés. La continuité, ça compte.
- « Quel est votre délai réaliste pour ce type de projet ? » — Méfiez-vous des réponses trop optimistes. En règle générale, prévoyez 5 à 8 semaines entre votre premier appel et le début réel des travaux.
- « Comment gérez-vous les imprévus et les extras ? » — Un bon entrepreneur explique son processus : devis complémentaire signé avant tout travail supplémentaire.
- « Pouvez-vous me montrer un projet similaire terminé récemment ? » — Photos, références clients, visite d’un chantier complété. Quelqu’un qui n’a rien à montrer, c’est suspect.
- « Quelles sont vos modalités de paiement ? » — Selon CAA-Québec, la majorité des entrepreneurs demandent un acompte représentant 10 à 15 % de la valeur totale du projet. Au-delà de 30 %, posez-vous des questions.
Conseil terrain : Demandez toujours que l’entrepreneur se déplace pour évaluer les lieux avant de produire sa soumission. Une estimation par téléphone ou courriel, sans voir le chantier, c’est un signal d’alarme.
Vos questions sur le choix d’un entrepreneur au Québec
Quelle est la différence entre les catégories de licence RBQ ?
Chaque catégorie autorise des travaux spécifiques. Un entrepreneur avec licence « résidentielle générale » peut coordonner plusieurs corps de métier, tandis qu’une licence « spécialisée » (plomberie, électricité) se limite à ce domaine précis. Vérifiez que la licence couvre bien vos travaux prévus.
Quel acompte est normal au Québec ?
La pratique courante tourne autour de 10 à 15 % du montant total. Pour des matériaux coûteux (comptoirs sur mesure, fenêtres spéciales), ça peut monter à 25-30 %. Au-delà, soyez vigilant. L’OPC recommande d’ailleurs de limiter l’acompte au minimum possible.
Que faire si l’entrepreneur abandonne le chantier ?
Documentez tout par écrit (courriels, photos, mises en demeure). Contactez l’Office de la protection du consommateur qui peut intervenir en médiation. En dernier recours, les tribunaux civils restent une option. Un contrat écrit détaillé facilite énormément ces démarches.
Les sous-traitants doivent-ils aussi avoir une licence ?
Oui, pour les travaux réglementés (plomberie, électricité, gaz). Votre entrepreneur général reste responsable de s’assurer que ses sous-traitants sont en règle. Vous pouvez demander cette confirmation par écrit dans le contrat.
Existe-t-il une garantie sur les travaux de rénovation ?
Le Code civil du Québec prévoit une garantie de qualité : l’entrepreneur doit livrer un travail conforme aux règles de l’art. Pour les maisons neuves, le plan de garantie obligatoire s’applique. Pour les rénovations, négociez une clause de garantie écrite dans votre contrat — un an sur la main-d’œuvre est un minimum raisonnable.
Si vous planifiez des travaux dans la grande région de Montréal, renseignez-vous sur les services de rénovation à Montréal disponibles pour vous accompagner.
Le mot de la fin : Le marché de la rénovation au Québec représente 61 % des dépenses en construction résidentielle. Avec autant d’argent en jeu, prendre une heure pour vérifier une licence et comparer trois soumissions, c’est pas du temps perdu — c’est du budget protégé.
Plutôt que de foncer tête baissée, posez-vous cette question : est-ce que je serais à l’aise de laisser les clés de ma maison à cette personne pendant deux mois ? Si la réponse n’est pas un « oui » franc, continuez à chercher.